Idée reçue
C’est assez difficile pour chacun·e d'entre nous de s'imaginer être une personne qui pourrait participer à des injustices, même involontairement. La plupart d'entre nous essayons d'agir avec respect et de ne pas faire de mal autour de nous.
L'idée de discrimination est souvent associée à des actes négatifs réfléchis et intentionnels : insulter les autres, les mettres à l'écart ou ne pas leur refuser des opportunités de carrière. Pourtant, les discriminations ne se limitent pas à ces gestes visibles. Elles peuvent aussi se produire à d'autres niveaux, de façon beaucoup plus diffuse et sans intention de nuire.
Une entreprise peut, par exemple, avoir des critères de promotion à des postes à responsabilités qui sont basés sur des qualités plutôt masculines, comme l’assertivité et l’indépendance, et ce, sans s’en rendre compte. Ici, les responsables RH qui seraient chargé·es d’appliquer la procédure pourrait ne pas du tout avoir l’intention de discriminer, mais se retrouveraient quand même à favoriser les talents masculins.
Un autre exemple dans le domaine de la santé : la sémiologie médicale (le fait d’analyser des symptômes pour développer un diagnostic) est souvent faite sur des corps blancs. Une médecin peut par exemple passer à côté du diagnostic de la maladie de Kawasaki chez un patient noir, car aucun des livres pendant ses études n’a illustré les signes sur les corps noirs.
Dans ces situations, personne n'a forcément l'intention de nuire, mais les effets sont bien réels. C'est pour ça qu'on parle de discriminations systémiques. Elles sont produites par des règles, des habitudes et des cadres qui dépassent les individus et leurs intentions.
Il faut voir ces systèmes de discriminations comme des tapis roulants. Même si une personne ne bouge pas, elle avancera quand même. Pour aller à l’encontre du tapis, elle devra aller à contre-sens. Une personne qui n’a pas une posture activement antiraciste ou antisexiste ne changera pas le système. Ce système pourra continuer à distribuer des avantages aux groupes privilégiés et des obstacles aux groupes marginalisés sans aucun grain de sable dans les rouages.
Autrement dit, "je suis clean" est souvent synonyme de "je ne veux pas discriminer intentionnellement". Mais pour être clean, il faudrait activement lutter contre les discriminations. Il faudrait activement faire bouger les choses pour les droits des personnes transgenres, pour l’amélioration de l’accessibilité aux personnes en situation de handicap, etc.
Médias
- 01-Qualites_masculines

- 01-Tapis_roulant_chiots
- 01-Tapis_roulant_homme
- 01-Niveaux_discriminations

- 01-Kawasaki
