Idée reçue

Peu importe ce que je dis sur les questions sociales, on dira de toute façon que j’ai tort.

Etat d'esprit

Idée reçue

Je commence une formation dans une salle de 40 personnes. Durant les 15 premières minutes, j’explique que j’aimerais mettre certaines règles en place, dont le fait de garder un équilibre du temps de parole pour éviter que certaines personnes la monopolisent au détriment d’autres.

C’est là qu’un participant lâche : « comme ça on pourra éviter que les femmes parlent trop ». Je lui cite une étude qui montre que les hommes ont plus de temps de parole en réunion que les femmes mais qu’ils ont en plus l’impression qu’elles parlent bien plus qu’eux. Et le plus intéressant dans tout ça, c'est que les hommes peu qualifiés parlent bien plus que les femmes hautement qualifiées dans leur groupe.

On a tous·tes notre vision du monde qu'on fabrique à partir de nos émotions et de nos vécus. Mais souvent, ceux-cis sont trompeurs à cause de tous ces biais qui s'immiscent dans nos têtes.

La personne dans ma formation a peut-être succombé au biais de négativité, celui qui nous pousse à accorder plus de poids aux choses qu'on juge négatives. Très certainement, ce participant ressentait la prise de parole par ses collègues femmes comme du bruit ou une nuisance.

Ce biais de négativité est celui que je vois le plus fréquemment chez les personnes hostiles à la D&I. Un autre exemple typique : les conservateurs américains qui ont peur que la culture américaine soit anéantie par le langage inclusif.

On peut penser au biais de confirmation qui va nous faire écarter les informations qui contredisent ce qu'on pense. C'est la technique de "c'est pas vrai, c'est une fake news" qu'a popularisée Donald Trump et qui va rejeter toute étude confirmant certaines discriminations.

Autre exemple : l'effet Dunning Krueger qui va nous faire croire à une réalité même si on n'a pas de connaissances sur le sujet, comme le montre cette étude de l'OFS sur la perception du racisme plus faible chez la population qui n'est pas en contact avec des personnes racisées.

Et le meilleur antidote à ces biais, ce sont les études scientifiques qui nous offrent une compréhension plus rationnelle de la réalité.

Par ailleurs, je trouve qu’on doit avoir encore plus de précaution lorsqu’on discute de sujets qui ne touchent pas notre groupe social. Exemple typique : l’autorisation ou l’interdiction de certaines thérapies pour les personnes trans. Pour les personnes que ça ne concerne pas, cela restera un exercice académique, un exercice rationnel, comme un débat. Pour les personnes trans, leurs vies et leur bien-être en dépend. Il est totalement normal qu’elles demandent à ce que leur futur soit décidé sur la base d’informations objectives.

Derrière tous ces biais, il y aussi souvent de la mauvaise foi qui nous pousse à crier "qu'on ne peut plus rien dire" juste parce qu'on ne nous laisse pas avoir des propos discriminants.

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