Idée reçue
Nier les difficultés que l’autre vit, c’est une des tactiques de base pour cacher la poussière sous le tapis quand on a quelque chose à se reprocher. C'est typiquement ce type de réactions que pourrait avoir un comité de direction très masculin quand un groupe de travail interne demande à ce que le plafond de verre soit brisé pour les femmes.
Des fois, on dit ça aussi par surprise. « C’est fou, jusqu’à y a quelques années, personne ne disait rien et maintenant c’est la mode de se plaindre de tout. Est-ce que c'est vrai ce que les minorités disent ou est-ce qu'elles ne se plaignent pas juste pour le fait de se plaindre ? »
Ce n’est pas que les minorités ne parlaient pas, elles le faisaient de toute façon mais dans des espaces où leurs voix voulaient être entendues, là où elles se sentaient en sécurité. Et aujourd’hui, la place publique est enfin sécure pour parler de ces choses (encore que, c’est en train de changer pour le pire). Et sur cette place publique, tout le monde entend les doléances, même les personnes qui ne voulaient pas tendre l’oreille à la base.
Ce qu’il reste aux minorités, c’est d’expliquer de manière la plus rationnelle et scientifique possible ce qu’elles vivent (sous faute d’être taxées de fabulations). Et aujourd’hui, les chiffres ne manquent pas. Pour ne citer que ceux qu’on a moins l’habitude d’entendre :
- Combien de générations faut-il pour qu’une personne née dans une famille avec un bas revenu atteigne le niveau de revenu moyen en Suisse ? 1 ? 2 ? Non… 5 ! L’ascenseur social est très lent.
- 9 personnes sur 10 ont des biais sexistes. Essayez de vous faire une place là-dedans en tant que femme…
- 41% des jeunes trans vivant dans des cellules familiales transphobes ont des pensées suicidaires. Ce taux tombe à 4% quand la famille est totalement okay avec leur transidendité.
Et au final, est-ce que c’est pas les conservateurs qui hurlent pour rien ?
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