Idée reçue

Je ne vois pas les différences. Je trouve que c’est dangereux de vouloir créer des catégories, ça risque de diviser les gens plus qu’autre chose.

Etat d'esprit

Idée reçue

Pour comprendre ce qui se trame derrière cette bonne intention, il faut comprendre le modèle traditionnel des discriminations. Celui-ci stipule que nos cerveaux auraient développé des raccourcis pour réagir de manière plus rapide et ainsi économiser des calories.

Ces raccourcis sont des stéréotypes qui se situent au niveau cognitif, comme par exemple avoir en tête que « un tigre c’est dangereux » si on est dans une savane.

Ces stéréotypes donnent lieu à une réaction émotionnelle, qu’on appelle un préjugé. Pour reprendre l’exemple, le préjugé par rapport aux tigres serait d’en avoir peur.

Finalement, ces affects donnent lieu à un comportement : fuir quand on voit un tigre.

Pour illustrer le modèle avec un exemple en lien avec la diversité, prenons l’homophobie : l’homosexualité est contre-nature (cognitif), du coup l’homosexualité est dégoûtante (affectif) et donc il faut exclure les personnes homosexuelles (comportement).

Maintenant nous pouvons comprendre pourquoi certaines personnes ont peur de nommer les différences : elles font l’amalgame entre stéréotype et préjugé. Elles ont l’impression que le fait de parler des différences va automatiquement amener des appréciations négatives.

Alors que ceci n’est pas forcément le cas. Preuve, en est, les différents modèles d'inclusion qu'on a vus dans cette idée reçue n'influent pas sur les stéréotypes, les préjugés et les discriminations de la même manière.

Il est totalement possible d’avoir des stéréotypes connotés positifs sur fond de préjugés négatifs : penser que les Chinois.es sont doué.es en sciences tout en les méprisant.

Comme il est tout aussi possible d’avoir des stéréotypes connotés négativement sans pour autant avoir de préjugés négatifs : admettre que les personnes issues de la migration extra-occidentale ont moins de facilité à s’intégrer que les personnes des pays limitrophes en vue de développer des politiques d’intégration ciblées.

D’ailleurs, il est difficile de concevoir des initiatives de soutien aux groupes marginalisés si on ne prête pas attention aux différences et à l’impact qu’elles ont. Traiter tout le monde de la même manière ne permet pas d’adresser les besoins spécifiques que certains groupes ont. C’est comme si on ne créait pas d’abaissements de trottoir pour les personnes en chaises roulantes ou les parents avec des poussettes. L’universalisme (se focaliser sur les similitudes plutôt que les différences) amène, au final, à de la discrimination.

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