Idée reçue
Quand vous annoncez à votre département que vous attendez un heureux évènement, ou quand vous montrez des photos de votre escapade amoureuse du week-end, ou encore lorsque vous discutez entre collègues des acteur·trices que vous trouvez attirant·es, vous parlez de sexualité au travail.
Je peux comprendre la pudeur pour certaines personnes de parler d’un sujet intime comme la sexualité. Mais ce que certaines personnes ont du mal à réaliser c’est que l’hétérosexualité est partout, tout le temps, même au travail. Mais comme elle est normalisée, on ne la remarque même pas. Comme un poisson qui ne se rend pas compte de l’eau dans laquelle il vit.
Pour les personnes LGB, parler de sa vie relationnelle est un calcul constant : « est-ce que je dis mon ou ma partenaire ? est-ce que je viens seul·e au repas de fin d’année ? » C’est ce qu’on appelle le coming out : le fait d’annoncer au monde qu’on a une orientation différente de l’hétérosexualité.
Tant que le sujet n’est pas discuté, les employé·es LGB vont recourir à ce qu’on appelle la couverture : le fait de dissimuler/atténuer certains aspects de son identité pour ne pas créer d’émules auprès des autres. Cette technique n’est pas l’apanage des personnes LGBT+. Beaucoup de femmes mettent des complets typés masculins pour rappeler le moins possible aux autres qu’elles sont femmes, ou encore les personnes noires qui défrisent et lissent leurs cheveux au travail pour qu’ils ressemblent plus aux styles caucasiens. D’ailleurs, même les hommes blancs cis hétéros cachent des aspects de leurs identités, même si dans une moindre mesure.
Il a été montré que masquer son identité demande tellement d’être toujours aux aguets (est-ce que je le dis ou pas ? est-ce qu’on le remarque ou pas ?) que la performance diminue. Au contraire, parler ouvertement des différences identitaires augmente la satisfaction des employé·es concerné·es et diminue leur turnover.
Contrairement aux autres identités, les personnes LGB n'auront pas forcément accès à d'autres personnes LGB dans leurs familles. Contrairement au genre où on peut être aiguillé par un-e membre de la famille du même genre, ou à l'ethnie qui est partagée dans la plupart des familles, les personnes LGB n'auront pas beaucoup de personnes vers qui se tourner par rapport à leur orientation sexuelle. D'où l'importance de la représentation de la diversité sexuelle et de genre.
Je garde le mot de la fin en anglais pour Chrys the Author.
Médias
- 72-representation
- 72-chrys
- 72-covering

- 72-tatouage

- 72-femme_noire

- 72-complet

- 72-poisson

- 72-pregnancy
