Idée reçue
La chance qu’on a en français par rapport à d’autres langues (p.ex. l’allemand), c’est qu’on a deux mots pour décrire deux choses bien différentes : genre et sexe.
Le sexe est physique, le genre est social.
Le sexe selon les biologistes est déterminé par trois facteurs. Le premier et le plus visible des trois : les parties génitales. C’est d’ailleurs comme ça qu’on définit le sexe d’un bébé : on regarde ce qu’il a entre les jambes. Un pénis ? C’est un garçon ! Une vulve ? C’est une fille. Le deuxième facteur concerne les hormones. On pense souvent aux œstrogènes comme définissant le sexe féminin et la testostérone définissant le sexe masculin. Et finalement, nous avons ce qu’on a appris à l’école, les chromosomes : XX pour le sexe féminin, XY pour le sexe masculin.
La réalité biologique est encore plus complexe que ça. Les choses ne sont pas aussi binaires. Il existe une multitude d’intersexuations, à savoir des sexes biologiques qui ne peuvent pas être catégorisés aussi facilement comme masculin ou féminin. Certaines personnes intersexes ont un appareil génital masculin mais avec une poussée mammaire à l’adolescence. Certaines personnes ont aussi trois chromosomes XXY. Au final, il y a des dizaines de sexes différents. Rien que là, notre vision du sexe comme étant binaire ne reflète plus la réalité, qui elle est bien plus complexe que ce que nos cerveaux sont prêts à accepter. Sans compter les différents systèmes de sexuation qui existent chez les animaux et les insectes.
Passons au genre maintenant. Si le genre n’est pas physique, il doit être autre chose. La meilleure manière de comprendre ce qui définit une femme ou un homme, c’est de réfléchir par la négative. A quel moment juge-t-on qu’un homme sort de son rôle d’homme ? Dans certains cas, ça sera parce qu’il utilise des produits de beauté pour le visage, dans d’autres parce qu’il pleure et montre ses émotions, ou encore parce qu’il est tactile avec son meilleur ami. Les transgressions n’ont pas toujours été les mêmes au cours de l’histoire et elles changent d’un endroit à l’autre selon les cultures. Ce qu’on voit c’est que le genre est social. Il définit les rôles, les obligations et les manières de vivre qu’on considère comme tolérables et désirables et ce dès l'enfance.
Les personnes trans et non-binaires ne se sentent pas à l’aise dans ces rôles ou se sentent restreintes. Elles vont alors soit entamer une transition de genre pour mener leur vie selon un genre différent de celui avec lequel elles sont nées ou alors se défaire complètement de la notion de genre et mener leurs vies selon leurs propres aspirations et envies. Et là, il y a autant de genres qu’on veut bien en accepter.
Les personnes qui ne reconnaissent que deux genres n’ont envie de voir que deux genres. Elles limitent leur vision du monde pour ne pas avoir à voir les différentes nuances de genre. Il s’agit là d’une ignorance volontaire plutôt que le reflet d’une réalité sociale ou biologique.
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