Idée reçue
On aimerait bien inclure tout le monde, mais on n’a pas un compte en banque illimité. On a souvent l’impression qu’il y a un compromis à trouver entre inclusion et efficience. Pourtant, réfléchir à l’accessibilité (1) ne demande pas toujours des ressources colossales et (2) peut avoir des effets positifs inattendus et pour beaucoup de personnes insoupçonnées.
Prenons le premier point. Beaucoup d’aménagements sont faciles à mettre en place et peu coûteux. On peut penser au travail à distance qui a facilité l’accès au travail pour beaucoup de personnes en situation de handicap. Ou encore aux cabines insonorisées et fermées dans les bureaux open space qui permettent aux personnes autistes de se retirer en cas de surstimulation sensorielle et sociale.
Prenons maintenant le deuxième point. Beaucoup d’objets et de services développés pour les personnes en situation de handicap vont avoir un effet boule de neige et finalement profiter à un public beaucoup plus large. Cet effet a un nom : l’effet « abaissement de trottoir ». Un abaissement de trottoir va en effet profiter aux personnes en chaise roulante, tout comme aux parents avec une poussette, une personne avec une valise ou une livreuse.
On peut aussi reprendre l’exemple du travail à distance : il profite également aux personnes habitant dans des régions plus rurales, aux proches-aidant, aux personnes étant dans des situations financières plus serrées (qui limitent les coûts de déplacements et de repas à l’extérieur).
Il existe même des chiffres sur l'étendue de l'effet « abaissement de trottoir ». Microsoft a par exemple chiffré l’effet pour le mode « une main ». Les personnes n’ayant qu’une main sont au nombre de 26'000 aux USA. Mais ce mode peut également être utile pour les 13 millions de personnes ayant une blessure au bras ou encore aux 8 millions de nouveaux parents devant souvent garder leur bébés dans les bras.
Ce qui était destiné à un groupe spécifique de personnes est utile à une population bien plus large que ce que l'on aurait pu imaginer. L'accessibilité a donc aussi un intérêt de volume.
Pour info, il y a 1,5 millions de personnes en situation de handicap en Suisse.
Il parait ainsi assez évident de développer des réflexes de design inclusif. Pour cela, on peut réfléchir à l’ensemble des capacités nécessaires pour utiliser un produit ou un service. A-t-on besoin d’une vision claire, d’une dextérité fine ou encore d’une attention prolongée ? Et de garder à l’esprit que ces capacités peuvent changer au fil de la journée (certaines personnes ont moins de concentration à la fin de la journée) ou au fil de nos vies.
Pour résumer : l'accessibilité c’est d’abord répondre aux besoins des personnes en situation d'handicap mais c’est aussi, par ricochet, simplifier la vie de tout le monde. Voire même, dans certains cas, une démocratisation du luxe ?
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