Idée reçue

Ca amène quand même pas mal de soucis d'embaucher des étrangers, soyons francs.

Racialisation

Idée reçue

Je vais parler ici de la perspective des Albanais-es, car c’est la seule communauté pour laquelle je me sens légitime de parler. Et parce que c’est surtout notre population que ce type de remarques visent.

Il y a plusieurs obstacles qui rendent les gens réticents à l’embauche des Albanais-es.

La première est une culture du travail différente. On pense à la relation à la hiérarchie, la ponctualité, la méticulosité. Toutes des choses qui, fort heureusement, ne relèvent pas de l’inné mais de l’acquis. Je recommande systématiquement aux entreprises d’offrir des formations sur le sujet en interne ou en collaboration avec d’autres structures, de créer des mentorats internes avec des personnes du même groupe ethnique et de définir des codes du travail explicites et compréhensibles.

La deuxième est l’absentéisme. Investir de l’argent et du temps dans des employé-es qui ne seront pas là souvent, ça peut effectivement freiner certaines personnes. J’ai cherché des statistiques à ce sujet pour avoir une vision objective de la réalité. Les statistiques de l’Office Fédéral de la Statistique montrent que les travailleur-euses étranger-es ne sont pas plus absent-es que les Suisses. Mais il n’y a pas de statistique par nationalité.

Ce que j’observe à mon échelle, c’est une différence entre les parents et les Secondo-as. La première vague d’immigré-es que je connais a, il me semble, plus eu recours à des arrêtes maladies ou à l’assurance invalidité. La deuxième génération, elle, vit une toute autre réalité. Plus diplômée, elle a accès à des emplois mieux qualifiés et moins pénibles. En effet, les populations issues de la migration sont celles qui ont les emplois les plus instables et ceux avec les horaires les plus irréguliers. Comme quoi, meilleures conditions de travail riment avec engagement plus fort. Ce qui tend à confirmer les conclusions de l’Office Fédéral de la Statistique.

Un autre obstacle, est celui de la complexité administrative (p.ex. titres de séjours, permis de travail). Obstacle que je ne traiterai pas plus longuement ici. Je vous invite par contre à aller voir cette page du SEM (Secrétariat d’Etat aux Migrations) ou vous adresser aux bureaux cantonaux pour l’intégration (BCI) pour plus de détails.

Mais au final, on peut se demander à quoi bon embaucher des personnes issues de l’immigration du Sud Global. Pour faire face à la pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs ou pour les contributions qu'elles amènent en terme d’innovation, de pénétration dans de nouveaux marchés ou de productivité.

Des avantages pour lesquels il vaut investir.

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